Quand l’émotion traverse…
On parle souvent du Risque Majeur en termes techniques : ses aléas, ses probabilités, ses plans de secours, ses dispositifs d’alerte...
Tout cela est nécessaire, indispensable même !
Mais il existe un moment particulier dont on parle beaucoup moins. Un moment où le Risque quitte les tableaux, les cartes et les rapports pour entrer dans l’humain. Ce moment, c’est celui durant lequel l’Émotion traverse...
Ça ne veut rien dire !
Ça a un sens : elle traverse l’individu, tel un courant soudain. Dit autrement : l’Émotion fuse et diffuse une information, une image, un témoignage, un événement survenu ailleurs et, quelque chose se met à bouger à l’intérieur de soi.
La conscience s’éveille ?
Absolument. On comprend alors, parfois brutalement, que le Risque n’est pas une abstraction, qu’il peut surgir ici comme ailleurs et, par ricochet, qu’il peut concerner chacun d’entre nous. C’est souvent sous l’effet de l’émotion que la prise de conscience se fait d’abord. Et là, attention : ce n’est pas tant l’Émotion qui compte, c’est ce que l’on en fait.
La peur, par exemple, joue un rôle ambigu ?
Elle peut paralyser, c’est vrai. Mais elle peut aussi devenir un signal. Un signal qui alerte, qui pousse à réfléchir, à chercher, à comprendre...
À agir !
Observez bien lorsque l’émotion traverse, deux chemins s’ouvrent. Paradoxalement, le premier consiste à refermer la parenthèse : oublier, passer à autre chose, considérer que cela ne nous concerne pas vraiment. Tandis que le second consiste à accepter ce que l’émotion vient de révéler : la présence du Risque dans notre environnement et dans notre existence. Alors commence autre chose, quelque chose de pédagogique. On se renseigne. On écoute. On regarde. On apprend. C’est simple : on découvre. On découvre que le Risque n’est pas seulement l’événement spectaculaire dont parlent les journaux, alors même que, pour une raison qui lui est propre et la plupart du temps, le Risque dort.
Mais, comme le dit souvent notre Fondateur : Le Risque dort. Pour autant, il ne se repose pas.
C’est vrai, ça : il existe, il évolue, il se prépare. Parfois en silence...
Comprendre cela, c’est déjà entrer dans une autre relation au monde qui nous entoure. C’est ne pas vivre dans l’inquiétude permanente...
Capital, ce comportement !
Mais, nous en reparlerons, Gipeurien. C’est apprendre à regarder autrement, à cultiver la vigilance, à développer une Culture du Risque.
C’est unique, ce que vous dites là, Jefékoa. Vous laissez un choix - pas deux - à la personne : “est-ce que je referme ou est-ce que je découvre ?”
